Louis MARCOUSSIS
Portrait de Misia Sert, 1933
Eau-forte sur vélin
32 x 38 cm
6ème état
Signée et numérotée n° 5/10 au crayon dans la marge inférieure.
Reine de Paris, muse et mécène, pianiste accomplie sous la douce férule de Gabriel Fauré, amie de Serge Diaghilev, Bonnard, Cocteau, Satie, épouse de Thadée Natanson. Misia virevolte et tournoie sur les vers de Mallarmé « Naguère à l'orage et à la joie/de son piano Misia ».
Ombre portée d'une époque dans cette magnifique eau-forte de Ludwig Kasimiertz Markus alias Marcoussis (1878-1941). C'est Apollinaire qui lui conseille le patronyme Marcoussis. Cubiste proche du groupe de Puteaux (des frères Duchamp), il devient un obsessionnel du nombre d'or et des théories de Léonard de Vinci. Géomètre de la beauté, il devient un familier du salon de Misia Sert, amie du flamboyant Diaghilev, de Cocteau, de Satie et de bien d'autres. Les vers de Mallarmé « Naguère à l'orage et à la joie/de son piano Misia » rappelle les années musicales et poétiques de celle qui fut la sirène de la Revue Blanche. Un moment singulier où, comme l'a écrit Vladimir Jankélévitch, « l'on voit la poèsie et la musique fraterniser l'une avec l'autre comme par l'effet d'une soudaine conspiration ».
L'oeuvre de Marcoussis exhale le doux parfum d'une recherche du temps perdu. Baigné d'un clair-obscur rembranesque, le beau visage évanescent restitue l'expérience du trait mystique, l'alchimie d'une modernité mélancolique, l'aura d'un rêve enfui.