Zygmund SCHRETER  (1886-1977)

La famille Schreter, établie depuis longtemps en Pologne s'est éloignée des aspects traditionnels et religieux du judaïsme. Son père Max Schreter, fabriquant de textile, demande à son fils de réaliser des dessins sur les tissus de sa production. Tel est son premier contact avec les arts plastiques. Sa mère lui enseigne la musique et Schreter devient violoniste. Schreter étudie dans un lycée russe de Lodz et se fait remarquer par ses peintures. Il fréquente un cercle de jeunes amateurs en art, dont le poète polonais Julian Tuwim, le musicien et chef d'orchestre Kletzki et le compositeur Tanzman.

En 1914, Schreter part en Allemagne, à Karlsbadhe et, surpris par la Première Guerre mondiale, il se retrouve prisonnier civil russe. Les Schreter connaissent bien la langue allemande et l'utilisent plus souvent que le yiddish.

En 1923, Zygmund Schreter étudie avec Martin Brandenbourg et Lovis Corinth dans l'académie libre de Levine Funke à Berlin où il fait la connaissance de plusieurs artistes qu’il retrouvera à Montparnasse. Durant ces années, Schreter vit surtout de son violon et joue avec l'orchestre Philarmonique de Berlin ou au théâtre Max Reinhart. Parallèlement, il expose des aquarelles à Lodz en 1927.

A Berlin en 1929, il participe à une exposition organisée par la célèbre artiste graphique Ketti Kolvitz.
Schreter arrive en France en 1934, s'installe à Cannes dans un premier temps, puis, aidé par le sculpteur S.Tamari il rejoint Paris. Il loge au 36, avenue de Châtillon, derrière Montparnasse, où réside aussi le sculpteur Germaine Richier.

Schreter passe les années d’occupation dans son atelier, entouré de voisins qui assurent sa protection dont la famille Wladislaw qui tient le restaurant Wadia, rue Campagne Première. Schreter est financièrement soutenu par un collectionneur de Buenos Aires qui lui achète régulièrement ses toiles.
Certains de ces tableaux sont signés Szreter ou Zreter.

Les années d'après guerre sont jalonnées par de nombreux voyages en Espagne, en Finlande, en Israël, en Suisse et aux Etats-Unis. A la mort de l'artiste en 1977, les héritiers décident d'organiser une exposition au musée national de Lodz.

Par Nadine Nieszawer in Peintres Juifs à Paris 1905-1939 Ecole de Paris