programme d'ete a dinard  - SUMMER EXHIBITIONS IN DINARD

Entre figuration et abstraction, du XXe au XXIe siècle, les tableaux et sculptures de quatre artistes reconnus, Jean-Pierre Alaux, Élisabeth Ollé Curiel, Adriano Parisot et Nat Shapiro, sont exposés, jusqu’au 31 août 2018, par la galerie Saphir en Bretagne (38 rue du Maréchal Leclerc 35800 Dinard).

 
 Jean-Pierre Alaux.  Pourquoi.

Jean-Pierre Alaux. Pourquoi.

Jean-Pierre Alaux - L’Enchanteur

La Galerie Saphir rend hommage à Dinard, en juillet et août 2018, à Jean-Pierre Alaux, peintre à la culture gigantesque et plurielle qui possède une grande maîtrise des techniques picturales. Ses compositions baroques, sous l’influence notamment des peintres primitifs allemands, italiens et flamands, réinterprètent, les grands mythes dans une mise en abîme qui, au-delà du temps et des modes, se révèle universelle. Né en 1925 à La Ciotat dans une famille de peintres et architectes depuis sept générations, Jean-Pierre Alaux est un virtuose. Formé dans l’atelier du peintre, affichiste et décorateur Jean Dupas à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris de 1943 à 1949, il élabore des scènes où se mêlent réalisme et surréalisme, fantastique et précision extrême. Dans ses structures, métamorphoses et paysages, l’œil est entraîné dans un parcours où chaque détail, chaque plan, proche ou lointain, appelle un rêve, un souvenir ou un symbole. Si l’amour et la mort sont souvent présents, la mer l’est aussi. Parmi les nombreuses distinctions qui ont jalonné sa carrière, Jean-Pierre Alaux a obtenu le titre de « Peintre officiel de la Marine » en 1975 et celui de « Peintre de l’Air et de l’Espace » en 1993. Présent et actif à partir des années 1950 dans les principaux salons et expositions de groupe en France, il a été membre des comités du Salon d’automne et de la Société nationale des Beaux-Arts. Sa peinture habile et insolite, évoque René Magritte, Salvador Dali, Paul Delvaux. Elle mérite d’être redécouverte. 

 

Between figuration and abstraction, from XXth to XXIth century, paintings and sculptures from four acknowledged artists, the French Jean-Pierre Alaux, the Spanish and Venezuelan Élisabeth Ollé Curiel, the Italian Adriano Parisot and the American Nat Shapiro, are shown bis the end of August 2018 at Galerie Saphir in Brittany (38 rue du Maréchal Leclerc 35800 Dinard).

 

  .  Jean-Pierre Alaux.  Attente ou formes pensées.

. Jean-Pierre Alaux. Attente ou formes pensées.

 

 

 

The paintings of Jean-Pierre Alaux are first and foremost poetic objects. His proven and outstanding mastery, his profound knowledge of his craft, allow him to compose with the rarest of care works which, despite their fine texture, are never petty”. Le Peintre, 1961.

Some of the surrealist pictures are suffused with a grave symbolism, others with a poetic humor that reveals the hidden faculties of the subconscious. Yet fantasy is always tempered by an element of the exquisitely unspoiled gracefulness which characterizes this painter“. C.G. Arts, 1961.

« Jean-Pierre Alaux est un enchanteur. Avec lui l’imaginaire prend la netteté du réel […]. Les étiquettes pleuvent sur une telle peinture : figurative, fantastique, surréaliste… et ne peuvent même en se combinant, rendre compte que d’aspects et non de l’essentiel […]. Tant pis pour le discours, il faut se laisser aller au charme et au contrepoint de l’inquiétude qui en sourd : jusqu’à quel point la réalisation du rêve apporte-t-elle le bonheur ? Le visage de l’artiste, présent dans cet univers, ne répond pas ». André Laurencin, conservateur du musée Denon à Chalon-sur-Saône, 1987.
  Elisabeth Ollé Curiel.  Flamenco I, II, III, IV.  Aluminium peint. 28 cm.

Elisabeth Ollé Curiel. Flamenco I, II, III, IV. Aluminium peint. 28 cm.

Élisabeth Ollé Curiel – Dialogues

Après l’exposition « Rêvons » en juin 2017 dans son espace du Marais à Paris, la Galerie Saphir présente à Dinard les sculptures et peintures d’Élisabeth Ollé Curiel. Clins d’œil ludiques aux maîtres du XXe siècle, les toiles et bustes en aluminium de cette artiste hispano-vénézuélienne née en 1960 à Barcelone réinterprètent Picasso, Miro, Matisse, Léger ou Arroyo tout en étant très contemporains. Les personnages qu’elle dessine sur fonds blanc ou noir sertis de larges traits de couleurs franches, vert, bleu, rouge, jaune vif, ou qu’elle compose à partir d’aluminium qu’elle fond et polit ou laque ensuite, semblent sortis d’une joyeuse bande dessinée. Ils dialoguent dans un jeu de couleurs, de lignes et de signes à explorer durant tout l’été à Dinard.

« Pénétrer dans l’atelier d’Élisabeth Ollé Curiel, c’est s’embarquer dans une aventure. Une aventure compliquée, complexe mais surtout colorée ». Mariá José Mas, Barcelone, 2004.
 
 
  Adriano Parisot. L a Fortune II.  Huile et technique mixte (1971-72) 60 x 60 cm.

Adriano Parisot. La Fortune II. Huile et technique mixte (1971-72) 60 x 60 cm.

Adriano Parisot (1912-2004) - Artisan du Nouveau Réel

Peintre, illustrateur et critique d’art italien d’origine française, Adriano Parisot a évolué de l’abstraction constructiviste et géométrique à un geste plus lyrique. S’il a fait cohabiter les deux tendances, il a délaissé le dessin, en 1954, pour s’intéresser aux matières végétales, la terre des labours, l’humus des forêts et l’écorce des arbres. Ces « cycles élémentaires de la nature » ont influencé sa vision chromatique, comme l’a souligné le critique Pierre Restany qui, en 1956, saluait en Parisot « l’un des plus dignes artisans du Nouveau Réel ». Promoteur des abstractions, il a créé en 1954 à Turin la revue d’art actuel « I 4 soli » tandis que son épouse, Ada Colombo, ouvrait les galeries Il Grifo puis Luna 2. Ces initiatives ont placé la capitale du Piémont dans la géographie des différents courants de l’abstraction, en lien avec ce qui se faisait notamment à Paris.
La Galerie Saphir propose à Dinard une redécouverte du parcours abstrait d’Adriano Parisot à travers ses toiles des années 1966 à 1988. Le catalogue, en français et en anglais, est signé par l’historien et critique d’art Gérard-Georges Lemaire.

« A l’origine de cette démarche, il y a un véritable acte de foi dans les infinies « possibilités de la matière » […] L’univers de Parisot est avant tout formel : les formes contiennent en elles « leur » espace, leur combinaison entraîne un développement spatial riche d’infinis renouvellements ». Pierre Restany, Düsseldorf-Rattingen 1956.
 
  Nat Shapiro.  Champs colorés II I. Acrylique sur papier, 40 X 28 cm.

Nat Shapiro. Champs colorés III. Acrylique sur papier, 40 X 28 cm.

Nat Shapiro (1919-2005)
Regarde, regarde les cerfs-volants !

Après une première rétrospective française à la Galerie Saphir à Paris, les œuvres exposées à Dinard offrent une nouvelle lecture des thèmes de prédilection de l’artiste américain Nat Shapiro : les cerfs-volants, la forêt, le cosmos, les galaxies, la Bible mais aussi les vagues, les lignes, les champs colorés et l’Op art. Né à Brooklyn en 1919, Nat Shapiro était connu en tant qu’illustrateur sous le nom de Mayer aux États-Unis, mais aussi en France où il travaille de 1961 à 1985 pour des éditeurs et pour la publicité. Formé à New York, il s’affirme en tant qu’artiste à Chicago en 1951 avant de s’installer en 1961 en France où il suit, à Paris, les cours de l’Académie de la Grande Chaumière. En 1985, il retourne aux États-Unis où il fonde Upstream, la première galerie coopérative américaine. S’il a réalisé la plupart de ses travaux sur papier, à l’acrylique, à la gouache, à l’encre et parfois au crayon et au feutre, Nat «Mayer» Shapiro a également travaillé sur toile et sur bois. Ses assemblages géométriques ou en forme de cerfs-volants avec de l’aluminium ou sur polystyrène expansé traduisent sa quête d’une troisième dimension. Ses œuvres font partie de collections privées et publiques à l’étranger et en France. « Pandore », une gouache sur acrylique et papier toilé, en dépôt à l’ambassade de France à Oslo, a été acquise en 1976 par le Fonds national d’art contemporain français. Le catalogue est signé par Yves Kobry, commissaire de l’exposition, Mirella et Roberta Shapiro, veuve et fille de l’artiste, et Norman Weinstein, critique d’art américain.

 

« La peinture à l’eau, qu’il se serve comme medium de l’acrylique ou de la gouache, lui permet cette légèreté, cette fluidité, mais aussi ce dégradé de couleur, cette très grande subtilité de ton. Rien d’étonnant donc à ce qu’il ait pu être inspiré par Paul Klee ainsi que par Kandinsky, de la période du Bauhaus, une influence qui va parfois jusqu’à la citation ou l’emprunt, l’artiste conservant cependant son style et sa personnalité ». Yves Kobry, commissaire d’exposition, 2018.

 

  Elisabeth Ollé Curiel.  Nu féminin  (à gauche).  Huile sur toile, 97x130 cm - Profil énamouré . (à droite). Technique mixte sur toile, 97 X 130 cm.

Elisabeth Ollé Curiel. Nu féminin (à gauche). Huile sur toile, 97x130 cm - Profil énamouré. (à droite). Technique mixte sur toile, 97 X 130 cm.

“To cross the Threshold of Elisabeth Ollé Curiel’s studio is to embark on an adventure. A complicated, complex and, most of all, colourist adventure.” Mariá José Mas, Barcelona, 2004.

 

BIOGRAPHY:
Born in 1960 in Barcelona, of Catalan and Venezuelan origins, Élisabeth Ollé Curiel began her studies of Classical and Fauvist painting at the Universidad San Jorge in Barcelona, where her teacher was the Catalan artist Ramón Sanvicens. She continued her studies in Florence and in England, ending with a five-year stay in the Venezuelan jungle, where she matured her creative project substantially.

 

  Adriano Parisot.  Galapagos VI.  Huile et technique mixte   (1972), 35,5 x 25 cm.

Adriano Parisot. Galapagos VI. Huile et technique mixte (1972), 35,5 x 25 cm.

“At the origin of this approach, there is a genuine act of faith in the infinite “possibilities of matter” […] Parisot’s universe is above all formal: forms contain “their space” within them, their combination brings about a spatial development rich in infinite renewals”. Pierre Restany, Düsseldorf-Rattingen 1956.

BIOGRAPHY:
Italian painter, illustrator and art critic of French origin who trained at Accademia Albertina in Torino (Italy), Adriano Parisot took part to Venice Biennale in 1948 and 1950 before an exhibition at Galerie Arnaud in Paris in 1953. Major player of the cultural and artistic life in Torino, he founded the art review “I 4 Soli” in 1954 as his wife, Ada Colombo, opened Il Grifo then Luna 2 Galleries . These two actions contributed to set Torino in the geography of the various abstraction movements, elsewhere and in link with Paris. Adriano Parisot himself evolved from abstraction in a constructive and geometric trend to a more lyrical gesture.  He made live together the two tendencies but abandoned drawing, in 1954, for paintings inspired from ploughed soils, forest humus layers and barks of trees. What he considered as elementary nature’s cycles influenced his chromatic vision, as art critic Pierre Restany emphasized in 1956, writing that Parisot was the “most worthy authors of the Nouveau Real”. Galerie Saphir offers a new discovery of Parisot’s abstract way through canvasses from 1966 to 1988. A catalog in french and in english, written by the historian and art critic Gérard-Georges Lemaire, is on sale at Galerie Saphir. 

 
  Nat Shapiro.  Champs colorés II.  Acrylique sur papier, 40 X 28 cm.

Nat Shapiro. Champs colorés II. Acrylique sur papier, 40 X 28 cm.

Although he also painted on canvas, it is primarily in his works on paper that he excels and where he best manifests his talent. Water- based paint, acrylic or gouache, all of which he uses as a medium, gives his work its lightness and fluidity, but also nuances of colors as well as a very great subtlety of tone. It is therefore not at all surprising that he was inspired by Klee as well as by Kandinsky’s Bauhaus period, influences that sometimes went as far as borrowing some of their thematic elements, although always retaining his own creative style and personality”. Yves Kobry, curator, 2018.

BIOGRAPHY:
“Nat Mayer SHAPIRO was born in New York City in 1919 and spent his childhood and adolescence in Brooklyn. He was 10 when he decided he would be an artist and started attending the after-school programs at Pratt Institute. […] In 1951, married and father of two children, he moved to Chicago where he started discovering himself as a fine artist. An adventurous personality, curious of other worlds, of other cultures, and of other artistic trends, he moved with his family to Europe and settled in France. Surrounded by a historical cultural heritage, by magnificent architecture, by old and contemporary works of art, Nat’s artistic creation blossomed out. He tried different media, different techniques, different artistic outlets; the result was a variety of mature, original, sometimes powerful, sometimes whimsical works.
His various trips were of great influence and inspiration: the vaults of Byzantine churches, the mosaics of Ravenna, a Moroccan holy city. The French Ministry of Culture bought two of his works: a painting, Pandora’s Box, now hanging in the French Embassy in Oslo and The Wall, a very large, beautiful sculpture.
In 1985, Nat returned to New York to reconnect with his roots and his past. He settled in Westchester and joined a group of artists who wanted to open a cooperative gallery. He was instrumental in locating, setting up and launching the new gallery, even found a great name for it: UPSTREAM (…).
Whether they are whimsical or serious, strictly organized or loose, Nat’s works are never grim or stifled, they are joyful, they are dancing. They reflect the man who loved life, loved art and always looked forward, exploring various techniques to create something new, different and, for him, unusual
”. Norman Weinstein, American art critic.