Galerie Saphir. Un hommage à Imre Pan

La Galerie Saphir, qui fête cette année ses 35 ans d’existence, rend hommage ce mois-ci au philosophe, poète, historien et critique Imre Pan.

Liliane Chevalier présente un ensemble des œuvres de Sonia Delaunay. 

Liliane Chevalier présente un ensemble des œuvres de Sonia Delaunay. 

La Galerie Saphir propose de découvrir une exceptionnelle série d’édi- tions d’un des découvreurs des plus grands talents du XXe siècle. Hongrois établi à Paris, Imre Pan a inspiré et aidé de nombreux artistes. « Il a commandé à des artistes de tendances diverses, quand bien même certains d’entre eux lui reprochent son éclectisme, des œuvres de petits formats et particulièrement intenses, qui avant d’être pour lui des réalisations esthétiques, sont des éléments formels, essentiels, symbolisant en quelque sorte notre temps et agissant sur lui », explique Francine Szapiro, la galiériste.
« Un objet de l’âme »
En effet, Imre Pan a repris l’idée de Kandinsky : « La vie spirituelle à laquelle l’art appartient et dont il est agent des plus puissants... peut se réduire à un élément simple ». Il a appelé cet élément « morphème ». Il a choisi ces morphèmes dans le large éventail de l’art contemporain, de l’abstraction constructiviste jusqu’à la figuration paysagiste. Parmi les plus remarquables, il commente, par exemple, « l’unité plastique » d’un Vasarely, « arc d’ogive de l’urbanisme moderne » ; « la forme-couleur » d’une Sonia Delaunay ; les « noirs heureux » d’un Marfing ; le « cubisme flamboyant » d’un Villon ; les « nerfs et les racines » d’un Corneille « qui s’enfoncent dans le néant » ; « les traits gravés dans l’air » d’une Geneviève Asse et les « gaufrures déchirées » d’un Matta.
Dans chaque œuvre, l’artiste a donné le meilleur de lui-même, sans doute sous l’impulsion de la personnalité forte et sensible d’Imre Pan, qui a su trouver ou imaginer, de son côté, le texte juste : forme et commentaire poétique sont en étroite communication et chaque cahier est en lui-même un « objet sacré, une méditation, un objet de l’âme ».

LE TÉLÉGRAMME, le 19/09/14