adriano parisot (1912-2004)

Un parcours abstraiT - An abstract way

 

 
  Blu Jazz I  - 1969 - 100x80cm                                    Blu Jazz II  - 1969 - 100x80cm

Blu Jazz I - 1969 - 100x80cm                                   Blu Jazz II - 1969 - 100x80cm

Premier hommage, après le Centre Pompidou
en 1989, au peintre promoteur
des abstractions,
à la Galerie Saphir.

Peintre, illustrateur et critique d’art italien d’origine française formé à l’Accademia Albertina de Turin, Adriano Parisot participe à la Biennale de Venise en 1948 et en 1950 avant d’exposer à la Galerie Arnaud à Paris en 1953. Acteur de la vie culturelle et artistique turinoise, il crée en 1954 la revue d’art actuel « I 4 soli » tandis que son épouse, Ada Colombo, ouvre la galerie Il Grifo. Ces deux initiatives vont placer Turin dans la géographie des différents courants de l’abstraction en lien avec ce qui se faisait ailleurs et notamment à Paris. Adriano Parisot lui-même évolue de l’abstraction constructiviste et géométrique à un geste plus lyrique. S’il fait cohabiter les deux tendances, il délaisse le dessin, en 1954, pour s’intéresser à la terre des labours, à l’humus des forêts et à l’écorces des arbres. Ce qu’il considère comme des cycles élémentaires de la nature influencent dès lors sa vision chromatique, comme l’a souligné le critique Pierre Restany qui, en 1956, saluait en Parisot « l’un des plus dignes artisans du Nouveau Réel ».

La Galerie Saphir propose une redécouverte du parcours abstrait d’Adriano Parisot à travers ses toiles des années 1966 à 1988. Un catalogue, en français et en anglais, signé par l’historien et critique d’art Gérard-Georges Lemaire, est en vente (10 euros) à la galerie.

  Blu Jazz III  - 1969 - 100x80 cm                                 Blu jazz VI  - 1969 - 100x80cm

Blu Jazz III - 1969 - 100x80 cm                                Blu jazz VI - 1969 - 100x80cm

First tribute, after Pompidou Center in 1989,
to the Italian painter of French origin who promoted abstractions, at Saphir Gallery.

Italian painter, illustrator and art critic of French origin who trained at Accademia Albertina in Torino (Italy), Adriano Parisot took part to Venice Biennale in 1948 and 1950 before an exhibition at Galerie Arnaud in Paris in 1953. Major player of the cultural and artistic life in Torino, he founded the art review “I 4 Soli” in 1954 as his wife, Ada Colombo, opened Il Grifo Gallery. These two actions contributed to set Torino in the geography of the various abstraction movements, elsewhere and in link with Paris. Adriano Parisot himself evolved from abstraction in a constructive and geometric trend to a more lyrical gesture.  He made live together the two tendencies but abandoned drawing, in 1954, for paintings inspired from ploughed soils, forest humus layers and barks of trees. What he considered as elementary nature’s cycles influenced his chromatic vision, as art critic Pierre Restany emphasized in 1956, writing that Parisot was the “most worthy authors of the Nouveau Real”.

Saphir Gallery offers a new discovery of Parisot’s abstract way through canvasses from 1966 to 1988. A catalog in french and in english, written by the historian and art critic Gérard-Georges Lemaire, is on sale (10 euros) at the gallery. 

 

  Jazz Oro -  1966 - 50x40 cm

Jazz Oro - 1966 - 50x40 cm

A propos d’Adriano Parisot :

- « Parisot travaille sous les toits, dans un grenier désaffecté :  ce contact direct avec son œuvre, en pleine canicule, restera à jamais inscrit dans ma mémoire. Chaque toile absorbait cette incomparable lumière de l’été italien, généreuse et lourde, résistant à la farouche agressivité de cette chaleur diffuse. (…)

J’entrai ainsi, au cœur de la peinture, au centre de toutes les possibilités de la matière organisée : car Adriano témoigne d’une perception aigüe des rythmes élémentaires. Toute sa création s’ordonne autour d’un refus de l’Inerte en soi : elle se résout en problèmes d’animation et d’organisation de la matière. La matière n’est en aucun cas réductible à un tout inerte aux immuables contours, imperceptiblement soumis à la lente érosion du temps. (…)

 

 

  Existence H1  - 1969 - 40x40cm

Existence H1 - 1969 - 40x40cm

 

A un système basé sur l’équation forme-couleur, Parisot a substitué le primat de l’ « organisation rythmique » : ce passage s’est complété, et c’est peut-être là l’intérêt majeur de ses recherches, d’un immense effort de sobriété, particulièrement sensible dans le domaine chromatique.

En même temps que l’auteur renonçait aux élégances du trait, il refusait aussi toute gratuité dans l’ordonnancement des couleurs. Adriano s’interdit là toute complaisance, tout esthétisme de mauvais aloi : « la riche terre de labour, l’humus gras et humide des forêts, l’écorce des arbres ou la poussière âpre, brûlée de soleil, tous ces passages, tous ces cycles élémentaires de la nature déterminent sa vision chromatique, et lui imposent une variété de tons naturels dont il use avec la certitude et le réalisme profond des grands poètes.

Je salue en Parisot l’un des plus dignes artisans du Nouveau Réel ».

Pierre Restany. « Des possibilités de la matière » (Extrait). Düsseldorf-Ratingen, mai 1956.

 

 

 

 

  Stratification  - 1985 - 35x28 cm

Stratification - 1985 - 35x28 cm

- « Il a eu la prémonition d’une fin de la peinture par la peinture elle-même, alors que Luciano Fontana a choisi la monochromie pure et a remplacé la composition par des marques de poinçons ou des traces de coup de feu.  L’un et l’autre, par des méthodes sans aucune relation, ont fini par sauver la peinture de l’épuisement qui la menaçait pendant ces décennies. Parisot a compris que son sort se jouait quand il mettait en scène sa destruction. Pourtant cette représentation libérait des possibilités nouvelles et de nouvelles énergies. Et surtout des chemins qui pouvaient mener quelque part. En ce sens, il a été un pionnier de cette reconquête de la fenêtre que figure le tableau et qui donne désormais non sur une veduta, ni sur un paysage mental, mais sur la pensée même de cet art qui ne se retrouve qu’après avoir subi les derniers outrages ».

 Gérard-Georges Lemaire. Extrait de « Adriano Parisot, un artiste en quête de mille et une « cosa mentale ». Catalogue de l’exposition « Adriano Parisot. Un parcours abstrait » Galerie Saphir 2018.

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